mercredi 24 juin 2026 - 15:42
Tâsû‘â : une relecture du récit du combat d’al-Abbas au bord de l’Euphrate par l’Ayatollah Khamenei

Hawzah/ À l’occasion de Tâsû‘â et des journées de deuil marquant le martyre de l’Imam Hussein (paix sur lui), nous revenons sur un discours prononcé par l’Ayatollah Ali Khamenei lors de la prière du vendredi à Téhéran, le 14 avril 2000. Une analyse qui, en s’appuyant sur des sources classiques, offre une perspective différente et poignante sur la fidélité héroïque d’al-Abbas au bord de l’Euphrate.

IRAN (A.P.Hawzah) – À l’occasion de Tâsû‘â, jour de recueillement qui précède Achoura dans la tradition chiite, et alors que s’ouvrent les cérémonies de deuil commémorant le martyre de l’Imam Hussein (paix sur lui) et de ses compagnons, un passage d’un discours prononcé par le martyr, l’Ayatollah Sayyid Ali Khamenei, lors de la prière du vendredi à Téhéran, le 14 avril 2000, revient sur l’un des épisodes les plus connus du drame de Karbala.
Dans cet extrait, le défunt guide propose une lecture nuancée de l’épisode de l’arrivée de l’Imam al-Abbas (paix sur lui) aux abords de l’Euphrate. Il soulignait que, selon certains récits faisant autorité (mu‘tabar), l’Imam Hussein et son frère al-Abbas se seraient avancés ensemble vers le point d’eau, et non pas al-Abbas seul, comme le rapporte la version la plus répandue.
S’appuyant sur des sources classiques telles qu’Al-Irshad d’al-Moufid et Al-Luhouf d’Ibn Tawous, l’Ayatollah Khamenei avait expliqué que la soif extrême qui frappait les enfants, les jeunes filles et les membres de la famille de l’Imam Hussein aurait poussé les deux frères à tenter ensemble d’atteindre l’Euphrate afin d’y puiser de l’eau.
Selon ce récit, les deux frères, unis dans la bravoure et la résistance, auraient combattu côte à côte au milieu des rangs ennemis pour ouvrir un passage vers le fleuve. L’Imam Hussein, âgé d’une soixantaine d’années mais réputé pour son courage exceptionnel, et son frère cadet al-Abbas, alors dans la force de l’âge, auraient avancé ensemble dans la bataille, brisant les lignes adverses à plusieurs reprises.
Le martyr, l’Ayatollah Khamenei, mettait en avant, dans cette narration, la dimension morale du geste d’al-Abbas. Lorsqu’il parvint enfin au bord de l’eau et remplit l’outre destinée au camp, il aurait vu l’eau et se serait souvenu de la soif de l’Imam Hussein, ainsi que de celle des enfants et des femmes du camp. Ce rappel intérieur l’aurait empêché de boire, malgré son extrême fatigue et la situation dramatique dans laquelle il se trouvait.
Dans ce récit, le geste d’al-Abbas apparaît comme l’expression suprême de la loyauté. Après avoir renoncé à boire, il quitta le rivage en portant l’eau pour les tentes, avant que les événements tragiques qui allaient conduire à son martyre ne se produisent. C’est alors, selon le discours rapporté, que l’Imam Hussein entendit soudain la voix de son frère s’élever au cœur du combat : « Ô mon frère, viens au secours de ton frère. »

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